Valérie Da Costa Miscellanées d’art contemporain


Eté gersois

N’oubliez pas si vous passez vos vacances dans le Gers ou bien si vous traversez cette magnifique région de vous rendre à Lectoure qui présente depuis plusieurs années maintenant son agréable “Eté photographique”, bien loin des très célèbres et tapageuses Rencontres photographiques d’Arles.

A Lectoure, dans la quiétude de la ville, vous pourrez voir, entre autres, les expositions de Paul Pouvreau, de l’Américaine Zoe Strauss ou encore deux installations vidéo du grand Mark Lewis, si vous les avez loupées l’automne dernier à la Galerie Cent Huit à Paris.

Une promenade toujours bien agréable dont on ne se lasse pas avec les années.

N’oubliez pas de prendre votre maillot de bain. Il sera indispensable pour une petite virée à la piscine qui domine la campagne gersoise avec sa vue imprenable.

Eté photographique de Lectoure jusqu’au 14 août.

www.centre-photo-lectoure.fr

 

Valérie Da Costa


César et son maître

Dans son article du Monde (10 juillet 2008) parlant de l’exposition César à la Fondation Cartier, Philippe Dagen n’hésite pas à citer Picasso pour évoquer les premières sculptures en métal soudé du jeune sculpteur datant du début des années 50 et représentant un étrange bestiaire. Bien étrange filiation et comparaison lorsqu’on sait que César n’a pas cessé de regarder à cette époque le travail de Germaine Richier, source de ces oeuvres et pour qui il vouait une immense admiration comme il le dira plus tard dans de nombreux entretiens.

Philippe Dagen ramène donc ces oeuvres du début à Picasso comme s’il n’y avait dans l’art du XXe siècle qu’un seul artiste, un seul maître spirituel, une seule référence possible dans la création du XXe siècle.

Picasso est un grand artiste, tout le monde le sait et personne ne dira le contraire, le plus populaire de tout l’art du XXe siècle aussi, mais la comparaison est étonnante de la part d’un universitaire dont on attend une ouverture du champ de lecture de la création moderne.

Non, César n’a pas été influencé par Picasso (cherchez son bestiaire d’ailleurs !). Il a bel et bien été profondément marqué par la grande oeuvre de Germaine Richier qui lui avait même demandé de poser pour elle.

C’est à elle et à elle seule qu’il doit ce bestiaire en métal librement inspiré des sculptures hybrides de Germaine Richier, de ces figures dans lesquelles Germaine Richier a su créer un monde fantastique, inégalable qui n’appartient qu’à elle.

Valérie Da Costa

 Pour plus d’informations au sujet de cette influence, je me permets de renvoyer à mon livre, Germaine Richier, un art entre deux mondes, Editions Norma, Paris, 2006


L’art en vacances

Mathieu Mercier, Des spectres et des automates, Le Dojo, Nice, 2008

Mathieu Mercier, Des spectres et des automates, Le Dojo, Nice, 2008

Sur la Côte d’Azur, il n’y a pas que les plaisirs de la plage.

Si vous en avez marre des plages surpeuplées de la région niçoise, des méduses et des coups de soleil, c’est le moment de faire un petit break pour se rendre dans de beaux lieux situés dans le proche arrière pays et qui présentent de l’art contemporain.

Un petit tour à Mouans-Sartoux au dessus de Grasse vous permettra de découvrir le très beau Espace d’Art concret et la collection de la donation Albers-Honegger présentant, entre autres, des oeuvres de Cécile Bart, Joseph Albers et Aurélie Nemours. Une visite à associer à la délicate exposition Du jardin au cosmos dans le Château de Mouans.

Sur votre retour, petit détour par Vence, au Château de Villeneuve, voir l’exposition lumineuse du trublion de l’art géométrique François Morellet 45 années lumière….et de poursuivre votre chemin sans manquer de louper (évidemment !) la merveilleuse Chapelle du Rosaire d’Henri Matisse.

Avant de repenser à vous baigner, ou bien pour un autre programme, un autre jour, faites un petit tour à la Villa Arson, sur les hauteurs de Nice, qui présente dans son cadre magnifique une exposition fine de l’immense artiste Jean Dupuy (A la bonne heure !), ainsi qu’une exposition déménageante d’Arnaud Maguet dont l’univers artistique est tout entièrement tourné vers la musique (Mais qu’est-il arrivé à cette musique ?).

De retour dans le centre de Nice, n’oubliez pas de vous rendre au Dojo (22 bis Boulevard de Stalingrad) voir l’étonnante proposition de Mathieu Mercier (Des spectres et des automates) et de terminer votre parcours hip hip de l’art contemporain dans deux lieux dont la ville de Nice a préféré se désintéresser : La Sous-Station (3 passage Meyerbeer) tenue avec pugnacité et pour peu de temps encore par Emilie Pischedda et Valentin Souquet et La Station (10 rue Molière) dirigée par Cédric Teisseire qui présente sa dernière exposition avec le travail de Dominique Figarella avant sa démolition. Un des rares lieux pour l’art contemporain à Nice apparu en 1996 et qui a proposé pendant 12 ans un riche programme d’expositions aujourd’hui voué à disparaître dans les décombres sans qu’il n’y ait aucune proposition de relogement et donc de continuité d’existence de la part de la ville de Nice ni de la région. Un désintérêt total de la création contemporaine inacceptable.

Valérie Da Costa

www.lastation.org

www.projetdiligence.net

www.le-dojo.org

www.villa-arson.org

www.espacedelartconcret.fr

www.museedevence.com